Sauvons la forêt de Romainville

Sauvons la forêt de Romainville

C’est ici, au pied du fort que la forêt a grandi, occupant les anciennes carrières devenues dangereuses.

Autrefois, lorsque j’étais collégien à Marie Curie, mes camarades et moi aimions déjouer la vigilance des surveillants pendant la pause de midi, pour nous échapper et rejoindre le parc de Romainville en contrebas. Nous appelions cet endroit la sapinière, nous grimpions au sommet de l’un de ces conifères, le plus simple d’accès et nous passions ainsi notre temps de pause en évitant de nous faire surprendre par les gardiens du parc. De notre hauteur, nous avions largement le temps de les voir arriver et nous pouvions facilement nous enfuir et regagner le collège sans encombre. Une grande partie du jeu se trouvait là. La partie du parc autorisée était coincée entre la rue du colonel Fabien et ce que le langage courant nommait la plâtrière qui n’était que la continuité dudit parc. L’interdiction d’y pénétrer se matérialisait par une clôture grillagée. L’ancienne carrière de gypse, la plâtrière donc, présentait un danger pour celles et ceux qui s’y risquaient. On parlait de galeries sur le point de s’effondrer et quelques légendes urbaines circulaient sur le destin malheureux de quelques imprudents. Sans activité humaine, l’ancienne carrière à pris aux fils des ans son aspect sylvestre actuel. Cette partie interdite exerçait un attrait certain sur les jeunes adolescents que nous étions, c’était un monde mystérieux et passablement dangereux, propre à enflammer nos imaginations, mieux qu’une forêt, c’était à nos yeux, une véritable jungle, un défi à relever au moins une fois dans sa vie. Lorsque nous en parlions, c’était bien cet aspect dangereux qui était mis en avant, un monde hors de la civilisation en plein coeur de nos villes, un monde sauvage où l’autorité des adultes n’avait pas cour, de là naissait l’exaltation. Personne ne s’y aventurait seul tant le risque était omniprésent. C’était donc de véritables petites expéditions que nous montions pour défier ce lieu aussi incongru qu’étrange. J’ai participé à l’une d’elle au moins durant cette période de ma vie, dans mon souvenir, elle n’a rien à envier aux forêts amazoniennes que j’ai par la suite eu le bonheur de connaître. Tout y était : le silence, la pénombre, la difficulté de progression dans cet enchevêtrement où de multiples pièges se dissimulaient. Nous étions seuls sans adultes pour nous rassurer, seuls face à cette entité inquiétante, quasi surnaturelle. Nous sentions vraiment le danger et chaque pas était une victoire. Le jeu étant évidemment de s’enfoncer le plus profondément possible et d’en revenir avec le sourire pour retrouver les camarades qui n’avaient pas osé franchir le pas. Ce monde onirique est en danger, menacé par un projet d’aménagement d’un autre âge (le projet Ilex) malgré la mobilisation des citoyens et de l’incompréhension des édiles des villes voisines. Les urbains que nous sommes ont besoin de ces espaces sauvages pour s’évader grâce aux rêves, la mobilisation citoyenne est en soi un bon signe, espérons que Corinne Valls l’actuelle maire de Romainville saura entendre raison.

Si vous souhaitez apportez votre soutien au maintien de la forêt, envoyez un courriel à :

Urbanisme & Aménagement

Centre administratif Carnot

15, rue Carnot

01 49 20 93 60

amenagement@ville-romainville.fr

https://reporterre.net/Foret-de-Romainville-la-bataille-continue?fbclid=IwAR3pE_o0QA1sGQ_egRB4ERoAHawQeueB8hUCda246rv8JSQMe5jEQbWB94A


2 Replies to “Sauvons la forêt de Romainville”

    1. Merci, c’est exactement le sens de ce texte. La forêt joue un rôle essentiel dans le développement de notre imaginaire, tantôt inquiétante, tantôt envoutante, c’est une porte entre notre quotidien vers l’extraordinaire, alors si le sauvage s’installe « naturellement » dans nos villes, il ne faut pas le chasser. Nous devons tirer les leçons de nos erreurs passées.

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