Mon Laferte

Mon Laferte

Mon Laferte, Pan Piper, le 12/11/2018

Mon Laferte

Lundi 12 novembre 2018, il fallait être dans le XI°, dans la salle de concert du Pan Piper, car Mon Laferte faisait sa première apparition sur la scène parisienne. Première apparition qui coïncidait avec la sortie de son nouvel album : Norma, dont la sortie est prévue le 17 novembre. Inutile de préciser qu’elle était attendue de pied ferme par la communauté latina de Paris, car, si elle est une quasi inconnue dans l’hexagone, il en va autrement outre-atlantique où elle fait salles combles à chacune de ses prestations. Après une petite demi-heure de retard sur l’horaire officiel, Mon Laferte est arrivée précédée par la chanson de notre Edith Piaf nationale : Non, je ne regrette rien.

Mon sait soigner ses entrées. C’est vêtue d’une robe noire simple, style chanteuse réaliste des années cinquante (appuyant encore un peu plus l’hommage) qu’elle est apparue devant son public. Un collier de strass autour du cou, sans doute pour rappeler que nous sommes tout de même à Paris, ville lumière et capitale de la mode chic et d’une coiffure qui la situait à mi-chemin entre Gilda et Veronica Lake avec son Peek-a-boo style (en version brune). Pour une fois, les tatouages de Mon n’étaient pas à l’honneur, ils se sont fait discrets, la simplicité était de mise pour la diva d’ordinaire si bigarrée. Sur la petite scène, pas de sections cuivre, ni choristes pour l’accompagner, seulement un quator guitare/basse/batterie/saxophone. D’une contrainte, elle saura tirer un maximum d’effets.

Mon débute en mode crooner pendant trois chansons, histoires de chauffer la salle et prendre ses marques, très vite cependant, on sent que ça va être un excellent moment. La voix est sûre, nuancée, la salle est déjà acquise. Sur les planches, la Diva ne semble pas inaccessible, bien au contraire, il y a une réelle connexion avec le public, elle joue avec lui, cabotine quand elle prend la pose, un peu gitane parfois, un peu pin-up à d’autres moments et toujours intense lorsqu’elle chante l’amour déçu. Car avec sa voix, tantôt limpide, tantôt rocailleuse, Mon ne se cache pas, elle déverse sur la salle ses sentiments. Les paroles sont souvent simples, mais, donnent la sensation d’être entendues pour la première fois, la magie opère sans artifice, le talent et l’inspiration. Même les non-hispanophones ne peuvent rester insensible à cette fibre sentimental, à un moment, on se surprend forcément à verser sa petite larme. Lorsqu’elle aborde un registre plus virevoltant, genre salsa, rockabilly et même air hawaïen, Mon embarque tout le monde à sa suite, dans une tempête dont elle donne la cadence. Ça fonctionne bien dans chaque registre, la réduction du nombre de musiciens lui donne la possibilité de jouer dans un répertoire plus brut, plus spontané. Elle s’amuse et le public se régale de ses facéties et de ses prouesses vocales, elle chante aussi a capella. Mon ce n’est pas uniquement une géniale interprète, elle n’hésite pas à prendre la guitare (électrique et acoustique) sur certains morceaux, dont le cultissime et énergique : Si tú me quisieras, aussi bien que sur des morceaux au ton plus intimiste (elle rend notamment hommage à sa grand-mère, décédée récemment) avec un égal bonheur. Durant deux heures, Mon Laferte enchaîne les titres avec ferveur et énergie et lorsque l’heure du rappel arrive enfin, l’apothéose n’est pas loin. Elle finit avec le lacrymal, le déchirant Tu falta de Querer, comme pour rendre son départ encore plus douloureux et émouvant. Ça ne suffira pas, il faudra une autre chanson pour que la soirée se termine et il est clair que pour Mon aussi, tout est prétexte à retarder cette échéance inéluctable. Le temps se suspend un moment, mais les meilleurs choses ont aussi une fin. Mon Laferte a largement réussi son examen de passage et nul doute qu’elle y a pris beaucoup de plaisir aussi, sans doute un peu surprise de cette effervescence si loin de chez elle. Si jamais, elle passe à moins de 500 kilomètres de chez vous, précipitez-vous pour la voir, vous ne le regretterez pas !

http://www.parisetudiant.com/etudiant/sortie/mon-laferte-pan-piper-paris-11.html

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